Auteur : elfedemoniaque
Adresse : moushra@yahoo.fr
Titre : Un démon pas comme les autres
Source : Originale
Genre : NC-17 ^________________^
Disclaimer : Perso tous à moi.
Note de l’auteur : Lisez les premiers et vous saurez
Dédicace : Val et Manue (Tu auras des fics Chris)
Le monde
souterrain était en ébullition, le grand maître des lieux « Lucifer en
personne » laissait éclater sa colère.
Il
arrivait parfois que l’on défie son autorité.
Tout ce
que l’on racontait sur lui…
Les
légendes du Prince du mal…
Les
histoires concernant le Seigneur des mouches…
Et le
reste était vrai et bien plus.
Les démons
qui évoluaient dans le monde souterrain étaient mauvais.
C’était
une évidence.
Mais à
côté de Lucifer, ils faisaient figure d’anges.
Le mot
sadisme ne s’appliquait même pas dans son cas.
Si l’on
avait entendu parler de cruauté, dans son genre, Lucifer redéfinissait ce mot.
Depuis des siècles, il défiait ceux d’en haut, se
moquant totalement de ce qu’on lui ferait subir.
La vie en
enfer était bien pire qu’une torture.
Mais
Lucifer et les démons s’y étaient acclimatés.
Prenant
même plaisir à cette existence de tourments.
Le Prince
des Ténèbres semait le mal partout.
Son passe
temps favori consistait à jouer les démons vengeurs auprès de personnes
bafouées, malheureuses ou paumées.
Il
suffisait qu’un individu réclame vengeance, ne serait-ce qu’inconsciemment,
pour qu’il l’entende et qu’il apparaisse.
Lucifer
était un virtuose dans sa « branche », exécutant la vengeance avec un
style et une cruauté digne d’un maître.
Le prix
exigé en contrepartie était si élevé que bien peu étaient en mesure de le
payer.
Le prince
des ténèbres se satisfaisait de cette vie de débauche, de vengeance et de mal.
Jusqu’au
jours où il fit la connaissance d’une mortelle qui changea sa manière de voir.
Pour la
première fois de son existence Lucifer prit conscience de la cruauté qui était
la sienne.
Le
souvenir de sa vie angélique lui revint.
Il
découvrit alors le monde avec les yeux de l’amour…
Il se
résolut à ne plus semer le mal.
Passer
d’une existence entière de mal à une vie de bien ne fut pas chose aisée.
Il
découvrit de nouveaux sentiments.
Cela était si étrange pour lui et pourtant si
effrayant à la fois.
Le maître
du mal sut ce qu’était le bonheur…
Et
celui-ci n’eut plus aucune limite lorsque sa bien aimée lui donna un fils, gage
de leur amour.
L’apparence
de Lucifer était pour le moins singulière, contrairement aux différentes
descriptions faites de lui à travers les siècles.
Il avait
un visage magnifique
Une longue
chevelure rousse l’auréolait tel un
voile de soie et tombait jusqu’à ses
pieds.
Il nattait
celle-ci en une tresse qu’il portait par dessus l’épaule.
Sa taille
était assez impressionnante.
Il était
bien plus grand qu’un être normal.
De plus,
il dépassait largement ceux de son
peuple.
Ses
oreilles avaient une longueur et une apparence elfique.
Elles lui
permettaient de percevoir des sons venus du fond de l’univers…
Rien ne
pouvait échapper à son ouïe affinée.
Un don
parmi tant d’autre…
Il avait
également la faculté d’entendre les
cris de vengeance silencieux de ses futures victimes.
Ses yeux
avaient la couleur de l’améthyste et
consumaient par leur intensité…
Surtout
lorsqu’il les plongeait dans celui d’autrui.
Rien
n’était en mesure d’échapper à son regard perçant.
Les
siècles s’écroulèrent,
Sa bien
aimée disparut de manière tragique.
Son fils
grandit, tout aussi roux que son père, tout aussi grand et muni d’une paire
d’ailes sombres.
Dans le
monde des ténèbres cette couleur était le signe d’une âme noire.
Le prince
du monde souterrain reconnut ainsi en lui son successeur.
Ce dernier
fut donc élevé et éduqué dans cet
esprit…
Il
deviendrait son démon vengeur.
Cette
occupation, qui durant des années avait divertie Lucifer, avait désormais perdu
tout attrait pour lui.
Elle lui
était devenue ennuyeuse comme tout ce qu’il entreprenait.
Bien que
les caractéristiques physiques du jeune démon fussent identiques à celles de
son père, son caractère lui, était radicalement l’opposé de celui du prince du
mal.
Nul ne
s’en était aperçu à part le précepteur du jeune prince.
Pas même
son propre père !
Où est mon
fils ? hurlait Lucifer, furieux. Je vous ai posé une question il me
semble. Auriez-vous tous perdus vos langues ? continua à crier le maître
de l’enfer.
Les démons
présents tremblèrent et s’enfuirent à toutes jambes.
A la suite
de la mort tragique de sa bien aimée qui
avait été brûlée vive par des fervents catholiques qui prétendaient oeuvrer au nom du Seigneur, il était
redevenu le prince du mal.
La jeune
femme devait être purifié avaient-ils dit.
Elle avait
pactisé avec le malin et lui avait même donné un enfant.
L’héritier
de Lucifer « Satan ».
La mort de
son aimée effaça de son cœur toute trace du bien qu’il avait eu tant de mal à
accueillir.
Les notions
d’amour, de partage, de paix, il les
rejeta en bloc pour de nouveau accueillir en lui le mal.
Ce dernier
ne s’était que momentanément endormi, il n’attendait qu’un catalyseur pour son
réveil.
Lucifer
s’était mué en une créature encore plus horrible qu’avant.
Sa cruauté
n’avait plus aucune limite.
Même les
démons réputés sanguinaires, faisaient figure d’enfants de chœur à ses côtés et
le craignaient.
La grande
salle avait été déserté par les conseillés du Prince du mal.
Seul
demeurait un démon ailé au visage androgyne.
Trois
cornes formaient une sorte coiffe par-dessus sa chevelure.
Une corne
rouge translucide partait du milieu de son front et se fondait avec sa
chevelure.
Les deux
autres cornes partaient de chaque côté de ses tempes.
Cet ensemble
donnait l’impression qu’il était coiffé d’un diadème sanglant.
Sa peau
était rouge translucide.
Ses iris
et sa chevelure avaient une couleur identique.
Le prince
est en excursion sur terre votre majesté, expliqua t-il du bout des lèvres.
Sur
terre ? Mais qu’y fait-il ? Tu sais que je lui interdis tout visite
dans ce monde en dehors de ses missions ! s’insurgea Lucifer furieux.
Roshan, tu es son précepteur et son maître d’arme. Tu es censé veiller sur lui,
lui reprocha Lucifer. Comment a-t-il pu échapper à ta surveillance ?
Je suis
désolé, mon empereur je…. » murmura le plus jeune gêné.
Tu as
failli à ton devoir envers mon fils, envers moi. Tu seras puni, déclara Lucifer
hors de lui.
Je….
commença le démon voulant se défendre.
Oserais-tu
contester mon autorité ? Aller à l’encontre des désirs de ton
maître ? demanda le Prince du mal, son regard violet illuminé d’une lueur
rouge.
Jamais
votre majesté ! Votre force fait loi et j’accepte sans conteste la
punition que vous voudriez bien m’infliger. Je l’accepte d’autant plus, que
c’est moi qui ai poussé le Prince à faire cette excursion chez les
humains. » avoua Roshan en baissant la tête.
Comment
as-tu osé ? s’écria Lucifer. Tu connais parfaitement mon opinion
concernant ce monde, hurla t-il en rage.
Il griffa
violemment le visage de son subalterne, qui se marqua de gouttelettes bleues.
Tu sais
parfaitement ce dont ces êtres cruels sont capables, hurla le Maître du mal
énervé. Ils ont tué le seul être que je n’ai jamais aimé. Ils ont brûlé la
meilleure chose qui m’était arrivé par crainte de l’inconnu.
Je le sais
votre Altesse. Nous savons tous ce que ces êtres ignobles ont fait à notre
merveilleuse reine. Pourtant tous les humains ne sont pas cruels, sans quoi
votre fils ne s’intéresserait pas à eux. De plus notre reine était elle-même….
Suffit !
l’interrompit-il durement. Je sais parfaitement ce que sont le mal et la
cruauté. Les hommes sans exception nous nourrissent de leurs plus bas
instincts, de leur méchanceté, sourit le Prince du mal.
Altesse,
votre fils étouffe ici, hasarda le démon Androgyne.
Que
sais-tu des états d’âmes de mon fils ? Esclave ! hurla-t-il furieux.
J’en sais
bien plus que vous, le défia Roshan
téméraire. Il n’est pas comme vous mon Prince, son cœur n’est pas que
noir et le mal ne l’habite pas.
Comme moi
tu veux dire ? » demanda froidement le maître des enfers.
Vous non
plus, le mal ne vous habite pas. Du moins pas autant qu’il devrait. Cependant
il est présent ce qui vous différencie tous les deux. Souvenez-vous de votre
vie de Séraphin… » fit doucement le démon.
Comment
oses-tu ?! Ne fait plus jamais allusion à cette vie ou je tu tuerai. Je
suis le mal personnifié. La cruauté dans sa quintessence ! Je suis
« Lucifer ». » hurla l’aîné hors de lui.
Maître,
vous…. » commença l’androgyne le plus calmement possible.
Le démon
ne put terminer sa phrase.
Lucifer
furieux que son esclave ait osé lui tenir tête et lui dise en face la vérité,
venait de se mettre à le frapper et à le bourrer de coup de pieds.
Roshan stoïque,
subissait ses attaques sans broncher…
Ne
cherchant même pas se défendre…
Acceptant
la punition avec un certain détachement.
Lucifer
semblait se délecter de ses actes…
Frapper ce démon qui somme toute était assez séduisant, lui
procurait un indicible plaisir.
Pourtant,
devant la docilité de son souffre-douleur, il cessa toute activité et il
s’accroupit devant lui.
Pourquoi ne
disait-il rien ?
Pourquoi
ne se défendait-il pas ?
Il n’était
pourtant pas un démon de basse extraction, sans aucune puissance.
Au
contraire…
Alors
pourquoi cette passivité ?
Cette
docilité ?
Il regarda
la forme pitoyable recroquevillée à ses pieds, puis se pencha et la releva.
Roshan
ferma les yeux, attendant une nouvelle pluie de coups.
Il sentit
les doigts de son maître se glisser sous son menton et relever son visage.
Il fixait
avec fascination le visage ensanglanté de sa victime.
Pourquoi
es-tu si docile ? Pourquoi acceptes-tu tout ce que je te fais, sans
broncher, sans jamais te plaindre ? demanda t-il intrigué. Ces sévices te
plairaient-ils ? interrogea t-il narquoisement.
En voyant
son esclave devenir trois fois plus rouge qu’il ne l’était déjà, le sourire
pervers de Lucifer s’élargit.
C’est donc
cela ? constata t-il satisfait. Tu apprécies lorsque je te frappe ! Que
me caches-tu encore ? insista Lucifer d’une voix doucereuse.
Vous êtes
mon maître, balbutia Roshan. Vous avez droit de vie ou de mort sur ma personne,
répondit doucement le démon rouge.
Tu ne
m’apprends rien. Mais est-ce vraiment tout ? Ne me ment pas, j’exige la
vérité. » fit Lucifer durement.
Ces mots
avaient une consonance étrange dans la bouche du Prince du mal.
Je suis en
mesure de sentir un mensonge à des kilomètres à la ronde. » lui
rappela-t-il froidement. Tu le sais pertinemment.
Je sais
mon empereur. Je…je… » murmura timidement l’androgyne.
Alors ?
Quelle est cette horrible vérité que tu me caches ? le tortura le fils de
Lucifer avec un sourire malsain.
Je…je
vous…. Je vous aime, avoua Roshan, en fermant les yeux, s’apprêtant à sentir
pleuvoir de nouveau les coups
Mais ce
qu’il ressentit le fit trembler et frémir.
Son prince
était en train de lécher le sang sur son visage, sur ses lèvres.
L’amour !
Un sentiment qui m’est désormais étranger ! Il a déserté depuis de
nombreuses années mon être. Cependant j’ignorais que j’inspirais encore ce
genre de sentiments. » fit-il plus calmement.
Je suis
navré… Je…. » bafouilla le cadet en tremblant.
Il serait
vraiment dommage de punir ou de tuer un être tel que toi. Tu m’es beaucoup plus
utile vivant que mort, l’interrompit doucement Lucifer.
Il sourit
de manière narquoise au démon qui venait d’ouvrir les yeux.
Ce dernier
sentit son cœur faire un bon dans sa poitrine.
Qu’avait
voulu dire son Prince ?
Un
frémissement d’excitation mêlé à de l’appréhension le parcourut lorsque son
maître se pencha et le souleva dans ses bras pour le porter jusqu’au trône où
il l’y assit.
Lucifer
sans mot dire s’agenouilla devant lui et ouvrit lentement sa chemise.
Malgré son
aversion pour la race humaine, il avait cependant gardé quelque chose
d’eux : leur manière de se vêtir.
Le torse
de Roshian était couvert de marques violacées.
Sa peau
translucide gardaient plus facilement les marques et les rendaient beaucoup
plus visibles qu’une peau normale.
De sa
langue, le Prince du Mal lécha les bleus, en appuyant fortement au passage, ce
qui rendait douloureux ces effleurements.
Pourtant,
aucune plainte de souffrance ne franchit ses lèvres.
Seuls des
frissons parcoururent son corps qui n’échappèrent pas au regard acéré du Démon
Suprême.
Te fais-je
mal ? demanda malicieusement Lucifer.
Non,
répondit le démon en retenant ses gémissements.
Tu es un
démon de classe supérieur ? N’est-ce pas ? » demanda Lucifer
avec douceur.
C’est
exact votre Altesse, fut la réponse du démon Androgyne.
On dit que
votre degré de souffrance est impossible à contrôler. Est-ce vrai ? »
interrogea le maître des enfers curieux.
C’est
exact… Majesté… répondit Roshan d’une voix basse.
Tu ne
connais donc pas le tien ! constata Lucifer avec un plaisir non feint.
C’est
exact ! Il n’a jamais été testé, répondit timidement Roshan, tout à coup
intimidé.
Tu n’as
donc pas été initié ! dit tout haut le maître du mal en souriant. Un
impuraminus.
C’est
exact, répondit-il du bout des lèvres en rougissant.
L’initiation
était une coutume chez les démons.
Lorsqu’un
esclave trouvait un maître, ce dernier devait l’initier à la souffrance de
manière à définir son degré et surtout s’il lui convenait.
Une fois
cette acte accompli maître et esclave étaient unis à jamais.
Les non
initiés étaient appelés « impuraminus » en un mot impurs
Une fois
initié, ils devenaient des « Puranimanus » des Purifiés.
Les
coutumes chez les démons étaient très étranges.
Roshan
était né esclave…
Pourtant
il avait toujours refusé de participer à la cérémonie de purification.
Très
jeune, il était tombé sous le charme du maître des ténèbres et s’était voué à
lui, corps et âmes.
Au fil des
années, il avait par sa force et son intelligence gravit les échelons, afin de
devenir un démon supérieur.
Son
ascension ne s’était pas arrêtée là.
Il était
devenu le précepteur de l’héritier de Lucifer.
Tous ces
siècles, il avait tait ses sentiments, tout en se préservant pour celui qu’il
considérait comme son prince charmant, son bien aimé maître.
Il
espérait ardemment au fin fond de son cœur que ce dernier lui proposerait
d’entamer la cérémonie en sa compagnie.
Lucifer le
frappait souvent mais ne l’avait pas encore torturé.
La notion
d’amour du maître de l’enfer était différente de celles des humains.
Lucifer
était un maître dans le vice, le plaisir et la bestialité.
Il était
d’ailleurs plus qu’un professeur…
Il était
le plaisir, la bestialité et le vice même.
Toutes ces
années d’attente étaient désormais récompensées
Aimerais-tu
célébrer le cérémonial en ma compagnie ? demanda Lucifer, un sourire
sadique étirant ses lèvres.
Avec….avec
vous ? demanda le démon androgyne une lueur d’espoir dans le regard. Oui,
sans aucune hésitation, s’écria Roshian ravi.
Bien que
le démon soit heureux de la proposition de son bien aimé, il était cependant
inquiet, mais également excité et ravi à la fois.
Lucifer
eut un sourire pervers.
Satisfait,
il prit sauvagement la bouche de sa future victime et la mordit violemment.
Une comète
rouquine filait à vive allure.
Cependant,
au fur et à mesure que l’objet se rapprochait, la forme se dessinait.
En fait de
comète, l’on découvrit un être vivant.
Une
créature…
De
magnifiques ailes déployées et battant dans son dos en témoignaient.
Elles
étaient majestueuses.
Cette
apparence n’était ni celle d’un être humain normal, ni celle d’un démon
quelconque.
Il avait
quelque chose de princier en lui.
Malgré la
distance l’on sentait le charisme et la sensualité qui se dégageait de lui.
Ses longs
cheveux roux flamboyaient dans le soleil vers lequel il semblait s’élancer.
Ses
oreilles à l’apparence elfique étaient dressées.
Il avait
entendu un appel à la vengeance.
Le jeune
démon n’accomplissait ces missions que pour satisfaire son père.
Il
détestait jouer les démons vengeurs.
Il
accomplissait néanmoins sa tâche avec beaucoup d’ardeur comme un professionnel.
Ce genre d’appels
à la vengeance le laissait d’habitude froid et c’était d’un air ennuyé qu’il répondait à ceux-ci le plus souvent.
Pourtant
l’appel qu’il avait reçu était différent.
Il était
irrémédiablement attiré.
Il l’avait
frappé de plein fouet.
Cet
individu qui hurlait à la vengeance, souhaitait obtenir autre chose en plus de
celle-ci.
La
créature accéléra la vitesse de battements de ses ailes.
Un sourire
éclaira ses lèvres, en voyant la ville d’où venait l’appel.
Le Japon.
C’était un
pays qui l’avait toujours fasciné.
D’énormes
bâtiments, magasins, échoppes se dressaient à perte de vues.
Des
grattes ciel s’élançaient vers le ciel, comme un défi à la nature.
En
compagnie de Roshan, son cher précepteur, il avait longuement étudié ce monde
et leurs coutumes.
Ce dernier
s’était chargé de son éducation spirituelle entre autre, rien que de la théorie
en fait.
La
pratique, le démon l’avait découverte
en allant directement au coeur du monde.
Son
précepteur était le seul qui ait comprit son mal être.
Il
avait besoin de respirer autre part que
dans le monde souterrain.
Il avait
le désir de découvrir son véritable
soi.
Qui mieux
que Roshan pouvait le comprendre ?
Lui qui
aimait Lucifer en silence depuis des siècles qui l’attendait, l’espérait.
Le prince
du mal semblait être le seul à avoir les yeux bouchés.
La
créature avait découvert le secret de son précepteur grâce à son œil intérieur,
un jagan.
Il l’avait
vu, un jour où le démon androgyne ne se trouvait pas sur ses gardes et qu’il avait
relâché sa surveillance mentale.
Les yeux
verts du rouquin s’illuminaient tandis qu’il approchait de l’endroit d’où
venait l’appel.
Bien vite,
il se retrouva dans un quartier réputé chaud.
Il stagna
au-dessus d’une ruelle où son regard de lynx lui permit de repérer sa victime.
Il fit
disparaître ses ailes qui furent comme absorbées par son dos, puis entama une
vertigineuse descente et atterrit souplement au sol dans la ruelle.
Une forme
de taille un peu plus au-dessus que la moyenne, recroquevillée sur elle-même
s’y trouvait.
Le démon
s’approcha lentement.
Sa vue
perçante enregistra immédiatement chaque détail.
La ruelle
était déserte, mais des traces de lutte y étaient encore présentes.
Les vêtements
de sa future victime n’étaient plus que lambeaux.
Son corps
portait des traces de coups, de coupures ainsi que de sang.
Le démon
eut une seconde d’hésitation.
Sa future
proie semblait déjà avoir été victime d’une agression.
Son cœur
hurlait à la vengeance, il l’entendait.
Il aurait
été facile pour le démon de connaître la nature de cette agression en utilisant
son jagan, mais ce dernier s’y refusait.
Son œil
intérieur était un outil de travail et il ne l’utilisait que lors du scellement
du pacte.
L’appel du
jeune homme le bouleversait, l’attirait et l’intriguait.
Il réalisa
qu’il était impatient.
Cela ne
lui était plus arrivé depuis de nombreuses années.
Le rouquin
se décida enfin.
Il
s’accroupit près du jeune homme.
Ce dernier
sursauta lorsqu’il lui toucha l’épaule.
Il était
blond et d’une taille au-dessus de la moyenne, mais une tête en moins que celle
du jeune démon.
Te sens-tu
bien ? s’enquit le démon inquiet.
Pourquoi
s’inquiétait-il des états d’âmes de ce jeune homme ?
Il n’était
à ses yeux qu’une future victime.
Alors
pourquoi ce blondinet l’intéressait-il brusquement ?
Le dit
blondinet poussa un hurlement, le ramenant à la réalité.
Hey !
Calme-toi, murmura doucement le démon.
Sa voix
avait des intonations sensuelles et douces.
Tu n’as
rien à craindre de moi tu sais, tenta de le rassurer le démon. Enfin du
moins pas pour l’instant. Je me prénomme Tetsuyuki, se présenta t-il
gentiment. Mais je préfère que l’on m’appelle Tetsu. Et toi ? Quel est le
tien ?
Ce ne fut
qu’un regard gris empli de colère et de tristesse qui lui répondit.
De plus,
mêlé à tous ces sentiments, il y avait la peur.
De nouveau
Tetsu ressentit violemment son désir de vengeance.
Il eut
mal.
Que se
passait-il ?
Pourquoi
souffrait-il ?
Pour
qu’elle raison ressentait-il si violemment les sentiments de sa futur
proie ?
Etait-ce
parce qu’il était particulièrement sensible à la douleur, la tristesse, la
peur ?
Toutes ces
émotions si caractéristiques des humains !
Les
sentiments du jeune homme le frappèrent de nouveau et la ramenèrent à la
réalité.
Je suis
venu à ton appel ! Je suis là pour t’aider, lui expliqua t-il avec
douceur.
Le blond
eut un rire nerveux.
M’aider ?
Ce mot ne semble pas avoir la même signification pour tout le monde, fit-il
remarquer amèrement.
Sa voix
était empreinte de fureur contenue.
Je n’ai
besoin de l’aide de quiconque ! Encore moins de la vôtre ! »
s’écria-t-il énervé.
Tes
paroles sont pour le moins énigmatiques, fit remarquer le jeune démon intrigué.
Tu m’as pourtant appelé, il me semble.
Vous, vous
trompez ! Je n’ai fait appel à personne. Nul ne peut m’aider et je n’ai
besoin de l’aide de personne, répondit le blondinet entêté.
Tetsu
sourit.
Cet humain
faisait preuve d’un grand sang froid et d’un courage admirable.
Il
ressentait la rage qu’il éprouvait.
Je peux te
garantir que oui, insista le rouquin gentiment. Tu as fait appel à un Démon
Vengeur, je suis celui-ci, l’informa doucement Tetsu.
Cessez de
vous moquer de moi ! Si j’avais comme vous le dites fait appel à un Démon
Vengeur je le saurai, répondit rageusement le jeune homme.
Ca
s’annonce mal, soupira Tetsuyuki. Sache que je ne mens jamais.
Ha !
Encore une preuve de votre mensonge. Si vous étiez réellement celui que vous
dites, vous ne me sortiriez jamais une telle phrase. Les démons sont tous des
menteurs, des affabulateurs, des vicieux, des…
Ho
là ! Que de hargne ! Je tiens à te signaler à toutes fins utiles que
je ne suis nullement responsable de ton agression. J’ai uniquement répondu à
ton appel.
Comment ?
Comment savez-vous que j’ai été agressé ? demanda le blond assez surpris.
Je te l’ai
dit : je suis un Démon Vengeur. Je sais tout, je vois tout, j’entends
tout.
La belle
affaire ! Cela me fait une belle jambe ! Un Démon Vengeur ! se
plaignit-il.
Le jeune
homme tenta tout en pestant de se redresser, ce qui ne fut pas chose aisée.
L’épuisement
physique, moral, la peur, la rage eurent raison de ses efforts…
Ses jambes
se dérobèrent.
Le rouquin
se précipita afin de lui porter secours mais l’inconnu le repoussa brutalement.
Je vous
interdis de me toucher ! l’apostropha t-il énervé, avant de retomber lourdement
au sol.
Ca
s’annonce mal, vraiment mal, soupira le démon exaspéré.
Le démon
observa sa futur proie : il était sensiblement plus petit que lui.
Ses
magnifiques cheveux étaient lumineux.
De toute
évidence, il n’était pas Japonais de naissance uniquement.
On
devinait un mélange assez subtil.
Sa chevelure
était aussi lumineuse que les blés et parsemés de mèches argentées.
Une fois
de plus les sentiments du jeune homme frappèrent le démon et son aura, s’entrechoqua avec la sienne
Ses yeux
gris étaient francs.
Ils ne
reflétaient aucune malice.
Ils
étaient purs.
Tetsu
détestait ce genre de cas, il les refusait le plus souvent.
Mais
celui-ci était tout à fait différent.
Après tout
il n’était qu’un démon vengeur.
Il devait
obtenir le maximum de rendement, collecter le maximum de corps pour son père.
Pourquoi
cherchait-il à se préoccuper du bien être du blond ?
Le démon
fixa longuement sa future proie.
Puis
doucement il posa sa main sur la joue de ce dernier.
Le blond
sursauta mais ne repoussa pas la créature pour autant.
Une douce chaleur
l’envahie…
Les plaies
se refermèrent.
Les
ecchymoses ainsi que la douleur disparurent.
De longs
frissons le parcoururent …
De
surprise…
De
contentement…
Mais
également de peur.
Surpris,
il leva des yeux étonnés vers lui.
Qu’est-ce
qui vous a pris ? s’écria t-il passablement énervé.
Je n’en
sais rien, répondit-il lui-même intrigué. Je crois que j’en avais envie.
J’ai
horreur que l’on décide pour moi, je ne vous ai rien demandé ! hurla le
jeune homme furieux.
Humf !
Nous ne sommes décidément pas sortie de l’auberge, soupira une fois de plus le
démon. Voilà donc la preuve de ce que j’avance ! dit tout à coup Tetsu.
Maintenant que nous sommes parvenus à authentifier mon essence démoniaque,
pourrions nous discuter de travail dont tu as l’intention de me charger ?
Me
prenez-vous pour un idiot ou un écervelé ! s’écria le blond rageusement.
En fait
pour les deux je crois, soupira intérieurement le démon.
Pensez-vous
réellement que je vais vous faire confiance ? » demanda-t-il
énervé.
Décidément !
soupira encore le démon exaspéré. Parfait ! Je vais devoir employer les
grands moyens, sourit Tetsu.
Le
blondinet jeta un regard surpris au démon.
Qu’avait-il
voulu dire par employer les grands moyens ?
A la
grande surprise du blond, le démon déploya ses magnifiques ailes sombres.
Profitant
de la stupeur qu’engendrait l’apparition de ses appendices supplémentaires, la
créature souleva son vis-à-vis comme s’il n’était qu’un poids plume et s’envola
avec lui.
Le jeune
homme était comme changé en statue.
Il en
oublia même de respirer.
Le cadet
avait les yeux et la bouche ouverts, agrandit de stupeur.
Que se
passe t-il ? Aurais-tu perdu l’usage de ta langue ? se moqua Tetsu.
Je pense avoir faire mes preuves, continua à dire le démon. Voudrais-tu me dire
ton nom maintenant ?
Le blond
referma la bouche, cligna des yeux, comme pour se prouver que tout ceci n’était
pas un rêve et également, afin de retrouver une contenance.
Il ouvrit
de nouveau la bouche, la referme, cligna une fois de plus des yeux, puis se
présenta enfin.
Ha…chi….suka,
bégaya t-il. Hachisuka Aki, se reprit-il.
Aki ?
Tu as un prénom adorable. » complimenta le démon en souriant. Alors
Hachisuka Aki ? Pouvons-nous, nous poser quelque part de manière à
discuter ?
Hachisuka
acquiesça silencieusement.
Il était
néanmoins surpris par l’attitude gentille du démon.
Ce dernier
entama une lente et vertigineuse descente en direction d’une forêt qu’il avait
repéré lors de son premier passage.
Le blond
ne disait toujours rien.
Il ne paraissait
pourtant pas effrayé par ce qu’il venait de voir.
Sans doute
était-il habitué à d’impressionnants spectacles et peut-être aussi à l’étrange.
De toute
évidence, il était trop abasourdi, non seulement parce ce qu’il venait de voir,
mais également par tout ce qu’il venait d’endurer !
L’attitude
de Hachisuka démontrait un désir impérieux d’oublier cette journée.
Il était
évident qu’Aki avait été victime d’une agression.
Il ne
restait plus au démon qu’à découvrir de quelle manière et surtout par qui ?
Tetsu se
posa délicatement et fit disparaître ses ailes.
Tenant
toujours le jeune homme dans ses bras, il se dirigea vers un arbre, le mit sur
son séant et l’y appuya.
Le jeune
homme toujours abasourdit, n’avait encore eut aucune réaction.
Il était
tétanisé.
Et même
son corps refusait de lui obéir.
Il ne
songeait même pas à s’écrouler au sol.
Nous
serons bien mieux ici, lui dit Tetsu d’un ton neutre. Que penses-tu de débuter
la cérémonie du scellement du pacte ?
Le blond continuait
à dévisager le démon sans pouvoir parvenir à prononcer un seul mot.
Hum !
Nous ne sommes pas sortis de l’auberge, soupira une fois de plus le démon.
Avant toute chose, je dois faire les présentations comme il se doit.
Aki
continuait à dévisager son interlocuteur.
Apparemment
ce que je te dis ne semble pas t’intéresser ou t’impressionner, soupira la
créature. Mais cela fait partit du rituel, donc il me faut donc continuer. Je
disais donc que je suis un démon vengeur comme je te l’ai dit et j’en ai fait
mon métier.
Le blond
continuait à la fixer le roux bouche bée.
Eh
bien ! Si ta conversation se limite qu’au silence, je ne vois pas de
quelle manière nous allons pouvoir nous entendre sur les modalités.
Enfin ! Je te disais donc que mon métier est celui d’un démon vengeur.
Ainsi, si un être quel qu’il soit émet un appel à la vengeance, je puis te
garantir qu’à tout les coups je vais l’entendre. Donc j’y réponds. Nous
discutons tout d’abord des raisons de cette demande. Je dois ensuite exiger une
confirmation. Nous scellons le pacte après acceptation des modalités. Je peux
ensuite appliquer la vengeance sur la
dite victime, termina le démon.
Aki
n’avait toujours pas bougé, ni réagi aux explications du démon.
Cependant
le regard qu’il jeta à ce dernier en disait long sur son état d’esprit.
Il venait
brusquement de réaliser à qui il venait de faire appel.
Devant le
silence de sa future victime, le démon soupira et continua.
Il sentait
que cette mission qui se présentait risquait d’être réellement difficile, pas à
exécuter.
Cependant
le scellement du pacte risquait de traîner.
Pourquoi
est-ce sur moi qu’est tombé cet appel ? soupira pour la énième fois Tetsu.
Es-tu prêt à achever le protocole ? demanda t-il impatient.
Euh…
balbutia le jeune homme encore sous le choc.
Voilà qui
est un peu mieux que ton silence, se moqua la créature. Avant que nous ne
scellions définitivement ce pacte. Il faut que je te rappelle qu’il consiste pour ma part à accepter d’exécuter
cette vengeance pour ton compte et toi en contrepartie, tu devras payer le prix exigé, je dois te poser
quelques questions. C’est la procédure habituelle, expliqua sérieusement Tetsu.
Pardon !
s’écria le blond reprenant soudainement conscience. Ai-je fait appel à vous
pour me faire la conversation ? s’écria t-il énervé.
Mais c’est
un miracle ! Tu parles ! Je te croyais muet, se moqua le roux.
Vous allez
arrêtez de vous foutre de ma gueule ! s’énerva Aki.
Mais qu’est-ce qui m’a prit ? Qu’est-ce qui m’a
prit d’écouter cet appel !?
Le roux
pour la énième fois poussa un soupire exaspéré.
Comme je
te le disais il y a deux minutes : c’est la procédure.
Je suppose
qu’il m’est impossible d’échapper à celle-ci. Puis que je n’ai d’autres choix,
je vous écoute, se résigna t-il.
Ha !
Tout de même ! Il faut que je sache si ton désir de vengeance est aussi
fort qu’il n’y parait. Fit sereinement le démon.
Quelles
sont ces questions stupides !? En avez-vous d’autres du même type ?
se fâcha Aki. Pourquoi croyez-vous que j’ai fait appel à vous? s’énerva le
blond.
Nous ne
risquons pas d’aller bien loin avec ces réponses si
« intelligentes » !
Inutile de
devenir insultant, lui reprocha le blond. Ma réponse est oui.
A quel
prix estime-tu ta Vengeance ?
Mais vous
le faites exprès ?! s’écria le plus jeune furieux.
Alors là,
je commence réellement à en avoir marre de ton attitude. Je tiens à te signaler
que c’est toi qui as fait appel à moi et pas le contraire.
Ce que
vous pouvez être susceptible pour un démon ! » déclara Aki en
détournant le regard
Rhaaaaaa ! Je sens que je vais l’achever cet
humain. Il va l’avoir ce qu’il désire et plus vite qu’il ne croit, s’il
continue.
Je vais
répondre à votre question. Je suis disposé à payer le prix que vous exigerez de
moi. J’irai même jusqu’à payer de ma personne si cela s’avère nécessaire,
murmura tout bas le blond en rougissant.
Tu ne crois pas si bien dire, mon mignon, se dit
Tetsu.
Le démon
eut un sourire pervers qui fit rougir le jeune homme.
Mes
services sont estimés à un prix très élevé. Ceux-ci sont de très haute qualité,
répondit calmement le démon.
Je viens
de vous le dire. Je suis disposé à payer le prix que vous exigerez.
Mais seras
tu en mesure de le payer ce prix ? En auras-tu le désire, lorsque je
t’aurai présenté la facture ? » demanda Tetsu curieux.
Etes-vous
sourd ou le faites-vous exprès ? s’écria Aki agacé. Je viens de vous dire
que j’acceptais.
Le blond
commençait lui aussi à être agacé par l’attitude ainsi que le petit manège du
démon roux.
Il est
inutile de devenir agressif, fit remarquer calmement le démon. Parfait !
Je n’exige que ton corps, laissa t-il tomber.
Hachisuka
plongea son regard dans celui du démon.
La lueur
qui s’y reflétait, ainsi que la mimique que faisait le jeune homme était
réellement comique à voir.
Aki avait
proposé de payer de sa personne…
Mais il
était loin d’imaginer que la créature le prendrait au sérieux.
Pourquoi
était-il étonné ?
Après
tout, il n’était qu’un démon.
Pardon ?!
s’insurgea le blond. Que… Que voulez-vous dire par mon corps ? demanda
t-il un peu inquiet. N’est-ce pas mon âme qui vous intéresse ?
N’est-ce
pas toi qui te proposais de payer de ta personne ? Je ne fais qu’accepter
cette intéressante proposition, se moqua le démon. Et puis que ferais-je d’une
chose dont tu n’es même pas le propriétaire exclusif ? répondit assez
brutalement Tetsu.
Qu’est-ce
qui vous fait penser quelle ne m’appartient pas ? N’est-ce pas mon âme que
je sache ? » interrogea-t-il en haussant un sourcil.
Sans aucun
doute, mais elle n’est pas ta propriété exclusive.
Ce que
vous pouvez m’agacer avec vos sermons, vos remontrances ! J’ai
l’impression d’entendre mon père.
Oh !
Rassure-toi ! A côté de moi, ton père passe pour un ange, sourit de
manière machiavélique Tetsu. Mais dis-moi ! Quelle est donc ta
religion ? Faisais-tu l’école buissonnière au lieu d’aller au
catéchisme ? Peut-être ont-ils omis de t’enseigner les vertus de
l’âme ? se moqua le démon.
J’en ai
assez. Vous allez immédiatement cesser de me prendre pour un idiot et continuer
votre cérémonial, hurla Aki. Commençant sérieusement à s’impatienter.
S’énerver
ne servira à rien. Cela risque de retarder le cérémonial et entraîner des
problèmes dans l’exécution de ta vengeance. » déclara le démon avec
sérieux.
Le blond
bougonna et renifla.
Aurais-je
à faire à un athée ? se moqua le démon.
Je suis
issu d’une famille tout ce qu’il y a de plus catholique : Pieuse. Et
pétrie de principes, croyant en le tout puissant, mais moi je….
N’aggrave
surtout pas ton cas, lui dit-il tout à coup. Contrairement à ce que certains
pourraient penser, il existe réellement. Et je suis bien placé pour le savoir.
Ben
voyons !
Ce n’est
pas parce que je suis un démon que j’accepte d’entendre des propos
blasphématoires. » fit-il durement.
Qu’essayez-vous
de me dire ? » demanda Aki intrigué.
Rien de
bien particulier. Cependant je te conseillerai de longuement réfléchir à cette
idée de vengeance, lui conseilla doucement le démon.
Etes-vous
en train de tenter de me dissuader ? » interrogea le jeune homme
quelque peu surpris.
Je
l’ignore ! Peut-être… » répondit mystérieusement Tetsu.
Le démon
sourit de manière ironique ce qui déplut fortement au jeune homme.
Pour
l’instant nous ne sommes qu’au premier stade de notre affaire. Le pacte n’est
pas encore conclu. Néanmoins, une fois que nous nous serons entendu sur les
termes de celui-ci et que tu auras accepté définitivement le paiement, il ne te
sera plus possible de revenir en arrière. » l’avertit Tetsu d’un ton
neutre.
Mon
intention n’est certainement pas de me dérober, s’insurgea le blond vexé.
Cependant je souhaiterais avoir de plus amples renseignements sur le prix à
payer. Qu’entendez-vous par mon corps ?
Le ton du
jeune homme était soupçonneux.
C’est
pourtant on ne peu plus clair. Je pourrais disposer comme je l’entends. En
faire ce que bon me semble, lui expliqua calmement le démon.
Afin qu’il
ne plane aucune équivoque sur le sens de ses paroles, le démon roux glissa deux
doigts sous le menton de l’humain.
Il lui
releva la tête et posa ses lèvres sur les siennes.
Aki ouvrit
de grands yeux surpris, puis posa ses mains sur le torse du roux et le
repoussa.
Je vous
interdis de me toucher ! hurla t-il furieux. Vous n’êtes qu’un
pervers !
Dans son
regard se reflétait de la colère mêlée à de la crainte.
Qui
traites-tu de pervers ? Souhaites-tu te venger oui ou non ? »
demanda durement Tetsu à bout de patience.
Euh… bien
entendu ! » répondit froidement Aki.
Dans ce
cas se seront mes honoraires pour l’exécution du contrat. Sache que la maison
ne fait pas de crédit, se moqua t-il.
Contrat ?
Prix à payer ? Honoraires ! Vous en parlez comme s’il s’agissait d’un
simple métier. » déclara le jeune homme choqué.
Allo !!!
Il semblerait que tu n’ais pas écouté ce que je t’ai dit il y a quelques
minutes. La vengeance est mon métier, répondit le démon, en souriant. Je tiens
à te signaler que jusqu’à aujourd’hui aucun de mes clients ne s’est encore
plaint de mes services. Ils ont toujours honorés le contrat, se vanta le démon,
un sourire narquois étirant ses lèvres.
Clients !
se récria Hachisuka presque scandalisé.
Mais à
quoi t’attendais-tu ? » demanda Tetsu tout sourire. Je suis un démon
vengeur, une créature de l’enfer. Je tiens à te signaler à toutes fins utiles
que je ne fais pas dans la charité. Dans le cas contraire, je te conseille de
t’adresser à Michel ou les autres anges. Sérieusement, qu’espérais-tu ?
A vrai
dire rien du tout ! Je n’attends ni n’espère plus rien de la vie, soupira
Aki résigné.
Oh ! Non ! Ce n’est pas vrai ! Encore
un suicidaire ! Pourquoi ai-je toujours droit à ce genre de clients ?
Mais pourquoi moi ? soupira le démon exaspéré.
Entendu !
Je suis d’accord pour le règlement de vos honoraires. Est-ce tout ?
demanda Aki en soupirant.
Le
blondinet était un peu inquiet. Le démon avait déjà fait montre de sa
fantaisie, de sa désinvolture et de sa tendance à profiter de la situation, du
moins selon l’opinion du jeune homme.
A peu
près, fut la réponse de son vis-à-vis.
Le
concluons-nous ce pacte ? s’impatienta le blond.
Es-tu si
empressé de te débarrasser de ton précieux corps ? Connais-tu réellement
l’identité de Lucifer ? interrogea le rouquin en haussant un sourcil.
Me
prenez-vous pour un idiot complètement ignorant des forces maléfiques ?
s’énerva t-il. Je connais parfaitement son visage. L’abomination dans sa
représentation suprême, la cruauté incarnée, le vice personnifié, la méchanceté
symbolisée, souhaitez-vous que je continue ? répliqua le blondinet.
Quel
prétentieux cet humain ! Cet idiot plaisante, mais il vient de décrire de
manière très fidèle mon cher père. Quel con ! Il ignore dans quoi il met
les pieds.
Je sais ce
que vous vous dites. Vous pensez que je ne suis qu’un innocent qui ignore où il
est en train de mettre les pieds, constata calmement
Aki. Vous, vous trompez. Je ne suis pas un écervelé, agissant à la légère. De
toutes les manières, je m’en fiche, laissa tomber le jeune homme. Pourriez
accélérer le processus, demanda-t-il tout à coup. Je suis pressé d’en finir
avec tout ça.
Impatient
n’est-ce pas ? Si réellement tu n’avais qu’une petite idée de qui il est
réellement, tu prendrais tes jambes à ton cou et tu t’enfuirais, lui dit le
rouquin, en laissant apparaître des crocs scintillants.
Pensez-vous
m’effrayer ? se moqua le blond.
Je ne
pense pas en avoir besoin. Pour en terminer avec tout ce protocole, tu dois
m’autoriser à faire une dernière chose.
Encore ?
Que dois-je encore subir pour que vous acceptiez enfin cette
mission ? » demanda le blond à bout de patience.
Rien de
bien méchant. Juste me laisser lire en toi. » répondit sereinement Tetsu
C’est une
blague ou quoi ? » interrogea-t-il durement.
Pas du
tout ! C’est le protocole. Je te l’ai dit. » fit le démon le plus
calmement du monde.
Qu’est-ce
encore que cette arnaque ? » questionna Aki en fronçant les sourcils
Il n’y a
aucune arnaque, c’est la procédure, lui annonça le démon en souriant.
Procédure
mon cul.
Pourrais-tu
rester poli je te prie !? » demanda gentiment l’aîné.
Le jeune
homme le fixa au fond des yeux surpris, mais se reprit bien vite.
En plus
vous êtes capable de lire dans mon esprit ? Ca promet ! Etes-vous
certain d’être un démon ? » demanda-t-il d’un ton glacial.
Veux-tu
une preuve tangible de mon essence démoniaque ? demanda Tetsu en faisant
un sourire vicieux.
Euh… non
merci, se troubla Aki. Je suis disposé à vous laisser lire en moi, mais je ne
vois pas ce vous souhaitez trouver ! s’écria t-il.
Le blond
était passablement énervé.
Il était
évident qu’il était pressé de conclure cette affaire de vengeance et d’en
terminer au plus vite.
Pour tout
te dire, je n’accepte un contrat que si la demande est justifiée. Je dois donc
vérifier la légitimité de ta requête, en lisant en toi.
La
légitimité de… Mais vous le…. commença à s’échauffer Aki. Finissons-en !
Allez-y ! Vous pouvez lire en moi, autorisa le blond, en écartant les
bras.
Tetsuyuki
fit face au jeune homme.
Il avait
fermé les yeux alors que lentement au milieu de son front s’ouvrait un
troisième dont l’iris était rouge.
Mais ????
Oh ! Merde ! s’écria le blondinet. Mais que….
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