Auteur : elfedemoniaque

Adresse : moushra@yahoo.fr

Titre : Un démon pas comme les autres

Source : Originale

Genre : NC-17  ^________________^

Disclaimer : Perso tous à moi.

Note de l’auteur : Lisez les premiers et vous saurez

Dédicace : Val et Manue (Tu auras des fics Chris)

 

 

« Absolum le Démoniaque »

Chapitre Un

 

Le monde souterrain était en ébullition, le grand maître des lieux « Lucifer en personne » laissait éclater sa colère.

Il arrivait parfois que l’on défie son autorité.

Tout ce que l’on racontait sur lui…

Les légendes du Prince du mal…

Les histoires concernant le Seigneur des mouches…

Et le reste était vrai et bien plus.

Les démons qui évoluaient dans le monde souterrain étaient mauvais.

C’était une évidence.

Mais à côté de Lucifer, ils faisaient figure d’anges.

Le mot sadisme ne s’appliquait même pas dans son cas.

Si l’on avait entendu parler de cruauté, dans son genre, Lucifer redéfinissait ce mot.

Depuis  des siècles, il défiait ceux d’en haut, se moquant totalement de ce qu’on lui ferait subir.

La vie en enfer était bien pire qu’une torture.

Mais Lucifer et les démons s’y étaient acclimatés.

Prenant même plaisir à cette existence de tourments.

Le Prince des Ténèbres semait le mal partout.

Son passe temps favori consistait à jouer les démons vengeurs auprès de personnes bafouées, malheureuses ou paumées.

Il suffisait qu’un individu réclame vengeance, ne serait-ce qu’inconsciemment, pour qu’il l’entende et qu’il apparaisse.

Lucifer était un virtuose dans sa « branche », exécutant la vengeance avec un style et une cruauté digne d’un maître.

Le prix exigé en contrepartie était si élevé que bien peu étaient en mesure de le payer.

Le prince des ténèbres se satisfaisait de cette vie de débauche, de vengeance et de mal.

Jusqu’au jours où il fit la connaissance d’une mortelle qui changea sa manière de voir.

Pour la première fois de son existence Lucifer prit conscience de la cruauté qui était la sienne.

Le souvenir de sa vie angélique lui revint.

Il découvrit alors le monde avec les yeux de l’amour…

Il se résolut à ne plus semer le mal.

Passer d’une existence entière de mal à une vie de bien ne fut pas chose aisée.

Il découvrit de  nouveaux sentiments.

Cela  était si étrange pour lui et pourtant si effrayant  à la fois.

Le maître du mal sut ce qu’était le bonheur…

Et celui-ci n’eut plus aucune limite lorsque sa bien aimée lui donna un fils, gage de leur amour.

 

L’apparence de Lucifer était pour le moins singulière, contrairement aux différentes descriptions faites de lui à travers les siècles.

Il avait un visage  magnifique 

Une longue chevelure rousse  l’auréolait tel un voile de soie et tombait  jusqu’à ses pieds.

Il nattait celle-ci en une tresse qu’il portait par dessus l’épaule.

Sa taille était assez impressionnante.

Il était bien plus grand qu’un être normal.

De plus, il  dépassait largement ceux de son peuple.

Ses oreilles avaient une longueur et une apparence elfique.

Elles lui permettaient de percevoir des sons venus du fond de l’univers…

Rien ne pouvait échapper à son ouïe affinée.

Un don parmi tant d’autre…

Il avait également  la faculté d’entendre les cris de vengeance silencieux de ses futures victimes.

Ses yeux avaient la couleur de l’améthyste et  consumaient par leur intensité…

Surtout lorsqu’il les plongeait dans celui d’autrui.

Rien n’était en mesure d’échapper à son regard perçant.

 

Les siècles s’écroulèrent,

Sa bien aimée disparut de manière tragique.

Son fils grandit, tout aussi roux que son père, tout aussi grand et muni d’une paire d’ailes sombres.

Dans le monde des ténèbres cette couleur était le signe d’une âme noire.

Le prince du monde souterrain reconnut ainsi en lui son successeur.

Ce dernier fut donc élevé et  éduqué dans cet esprit…

Il deviendrait  son démon vengeur.

Cette occupation, qui durant des années avait divertie Lucifer, avait désormais perdu tout attrait pour lui.

Elle lui était devenue ennuyeuse comme tout ce qu’il entreprenait.

Bien que les caractéristiques physiques du jeune démon fussent identiques à celles de son père, son caractère lui, était radicalement l’opposé de celui du prince du mal.

Nul ne s’en était aperçu à part le précepteur du jeune prince.

Pas même son propre père !

 

Où est mon fils ? hurlait Lucifer, furieux. Je vous ai posé une question il me semble. Auriez-vous tous perdus vos langues ? continua à crier le maître de l’enfer.

Les démons présents tremblèrent et s’enfuirent à toutes jambes.

A la suite de la mort tragique de sa bien aimée qui  avait été brûlée vive par des fervents catholiques qui prétendaient  oeuvrer au nom du Seigneur, il était redevenu le prince du mal.

La jeune femme devait être purifié avaient-ils dit.

Elle avait pactisé avec le malin et lui avait même donné un enfant.

L’héritier de Lucifer « Satan ».

La mort de son aimée effaça de son cœur toute trace du bien qu’il avait eu tant de mal à accueillir.

Les notions d’amour, de partage, de paix, il les  rejeta en bloc pour de nouveau accueillir en lui le mal.

Ce dernier ne s’était que momentanément endormi, il n’attendait qu’un catalyseur pour son réveil.

Lucifer s’était mué en une créature encore plus horrible qu’avant.

Sa cruauté n’avait plus aucune limite.

Même les démons réputés sanguinaires, faisaient figure d’enfants de chœur à ses côtés et le craignaient.

 

La grande salle avait été déserté par les conseillés du Prince du mal.

Seul demeurait un démon ailé au visage androgyne.

Trois cornes formaient une sorte coiffe par-dessus sa chevelure.

Une corne rouge translucide partait du milieu de son front et se fondait avec sa chevelure.

Les deux autres cornes partaient de chaque côté de ses tempes.

Cet ensemble donnait l’impression qu’il était coiffé d’un diadème sanglant.

Sa peau était rouge translucide.

Ses iris et sa chevelure avaient une couleur identique.

Le prince est en excursion sur terre votre majesté, expliqua t-il du bout des lèvres.

Sur terre ? Mais qu’y fait-il ? Tu sais que je lui interdis tout visite dans ce monde en dehors de ses missions ! s’insurgea Lucifer furieux. Roshan, tu es son précepteur et son maître d’arme. Tu es censé veiller sur lui, lui reprocha Lucifer. Comment a-t-il pu échapper à ta surveillance ?

Je suis désolé, mon empereur je…. » murmura le plus jeune gêné.

Tu as failli à ton devoir envers mon fils, envers moi. Tu seras puni, déclara Lucifer hors de lui.

Je…. commença le démon voulant se défendre.

Oserais-tu contester mon autorité ? Aller à l’encontre des désirs de ton maître ? demanda le Prince du mal, son regard violet illuminé d’une lueur rouge.

Jamais votre majesté ! Votre force fait loi et j’accepte sans conteste la punition que vous voudriez bien m’infliger. Je l’accepte d’autant plus, que c’est moi qui ai poussé le Prince à faire cette excursion chez les humains. » avoua Roshan en baissant la tête.

Comment as-tu osé ? s’écria Lucifer. Tu connais parfaitement mon opinion concernant ce monde, hurla t-il en rage.

 

Il griffa violemment le visage de son subalterne, qui se marqua de gouttelettes bleues.

Tu sais parfaitement ce dont ces êtres cruels sont capables, hurla le Maître du mal énervé. Ils ont tué le seul être que je n’ai jamais aimé. Ils ont brûlé la meilleure chose qui m’était arrivé par crainte de l’inconnu.

Je le sais votre Altesse. Nous savons tous ce que ces êtres ignobles ont fait à notre merveilleuse reine. Pourtant tous les humains ne sont pas cruels, sans quoi votre fils ne s’intéresserait pas à eux. De plus notre reine était elle-même….

Suffit ! l’interrompit-il durement. Je sais parfaitement ce que sont le mal et la cruauté. Les hommes sans exception nous nourrissent de leurs plus bas instincts, de leur méchanceté, sourit le Prince du mal.

Altesse, votre fils étouffe ici, hasarda le démon Androgyne.

Que sais-tu des états d’âmes de mon fils ? Esclave ! hurla-t-il furieux.

J’en sais bien plus que vous, le défia Roshan  téméraire. Il n’est pas comme vous mon Prince, son cœur n’est pas que noir et le mal ne l’habite pas.

Comme moi tu veux dire ? » demanda froidement le maître des enfers.

Vous non plus, le mal ne vous habite pas. Du moins pas autant qu’il devrait. Cependant il est présent ce qui vous différencie tous les deux. Souvenez-vous de votre vie de Séraphin… » fit doucement le démon.

Comment oses-tu ?! Ne fait plus jamais allusion à cette vie ou je tu tuerai. Je suis le mal personnifié. La cruauté dans sa quintessence ! Je suis « Lucifer ». » hurla l’aîné hors de lui.

Maître, vous…. » commença l’androgyne le plus calmement possible.

 

Le démon ne put terminer sa phrase.

Lucifer furieux que son esclave ait osé lui tenir tête et lui dise en face la vérité, venait de se mettre à le frapper et à le bourrer de coup de pieds.

Roshan stoïque, subissait ses attaques sans broncher…

Ne cherchant même pas se défendre…

Acceptant la punition avec un certain détachement.

Lucifer semblait se délecter de ses actes… 

Frapper ce démon qui somme toute était assez séduisant, lui procurait un indicible plaisir.

Pourtant, devant la docilité de son souffre-douleur, il cessa toute activité et il s’accroupit devant lui.

Pourquoi ne disait-il rien ?

Pourquoi ne se défendait-il pas ?

Il n’était pourtant pas un démon de basse extraction, sans aucune puissance.

Au contraire…

Alors pourquoi cette passivité ?

Cette docilité ?

Il regarda la forme pitoyable recroquevillée à ses pieds, puis se pencha et la releva.

Roshan ferma les yeux, attendant une nouvelle pluie de coups.

Il sentit les doigts de son maître se glisser sous son menton et relever son visage.

Il fixait avec fascination le visage ensanglanté de sa victime.

Pourquoi es-tu si docile ? Pourquoi acceptes-tu tout ce que je te fais, sans broncher, sans jamais te plaindre ? demanda t-il intrigué. Ces sévices te plairaient-ils ? interrogea t-il narquoisement. 

En voyant son esclave devenir trois fois plus rouge qu’il ne l’était déjà, le sourire pervers de Lucifer s’élargit.

C’est donc cela ? constata t-il satisfait. Tu apprécies lorsque je te frappe ! Que me caches-tu encore ? insista Lucifer d’une voix doucereuse.

Vous êtes mon maître, balbutia Roshan. Vous avez droit de vie ou de mort sur ma personne, répondit doucement le démon rouge.

Tu ne m’apprends rien. Mais est-ce vraiment tout ? Ne me ment pas, j’exige la vérité. » fit Lucifer durement.

Ces mots avaient une consonance étrange dans la bouche du Prince du mal.

Je suis en mesure de sentir un mensonge à des kilomètres à la ronde. » lui rappela-t-il froidement. Tu le sais pertinemment.

Je sais mon empereur. Je…je… » murmura timidement l’androgyne.

Alors ? Quelle est cette horrible vérité que tu me caches ? le tortura le fils de Lucifer avec un sourire malsain.

Je…je vous…. Je vous aime, avoua Roshan, en fermant les yeux, s’apprêtant à sentir pleuvoir de nouveau les coups

Mais ce qu’il ressentit le fit trembler et frémir.

Son prince était en train de lécher le sang sur son visage, sur ses lèvres.

L’amour ! Un sentiment qui m’est désormais étranger ! Il a déserté depuis de nombreuses années mon être. Cependant j’ignorais que j’inspirais encore ce genre de sentiments. » fit-il plus calmement.

Je suis navré… Je…. » bafouilla le cadet en tremblant.

Il serait vraiment dommage de punir ou de tuer un être tel que toi. Tu m’es beaucoup plus utile vivant que mort, l’interrompit doucement Lucifer.

Il sourit de manière narquoise au démon qui venait d’ouvrir les yeux.

 

Ce dernier sentit son cœur faire un bon dans sa poitrine.

Qu’avait voulu dire son Prince ?

Un frémissement d’excitation mêlé à de l’appréhension le parcourut lorsque son maître se pencha et le souleva dans ses bras pour le porter jusqu’au trône où il l’y assit.

Lucifer sans mot dire s’agenouilla devant lui et ouvrit lentement sa chemise.

Malgré son aversion pour la race humaine, il avait cependant gardé quelque chose d’eux : leur manière de se vêtir.

Le torse de Roshian était couvert de marques violacées.

Sa peau translucide gardaient plus facilement les marques et les rendaient beaucoup plus visibles qu’une peau normale.

De sa langue, le Prince du Mal lécha les bleus, en appuyant fortement au passage, ce qui rendait douloureux ces effleurements.

Pourtant, aucune plainte de souffrance ne franchit ses lèvres.

Seuls des frissons parcoururent son corps qui n’échappèrent pas au regard acéré du Démon Suprême.

Te fais-je mal ? demanda malicieusement Lucifer.

Non, répondit le démon en retenant ses gémissements.

Tu es un démon de classe supérieur ? N’est-ce pas ? » demanda Lucifer avec douceur.

C’est exact votre Altesse, fut la réponse du démon Androgyne.

On dit que votre degré de souffrance est impossible à contrôler. Est-ce vrai ? » interrogea le maître des enfers curieux.

C’est exact… Majesté… répondit Roshan d’une voix basse.

Tu ne connais donc pas le tien ! constata Lucifer avec un plaisir non feint.

C’est exact ! Il n’a jamais été testé, répondit timidement Roshan, tout à coup intimidé.

Tu n’as donc pas été initié ! dit tout haut le maître du mal en souriant. Un impuraminus.

C’est exact, répondit-il du bout des lèvres en rougissant.

 

L’initiation était une coutume chez les démons.

Lorsqu’un esclave trouvait un maître, ce dernier devait l’initier à la souffrance de manière à définir son degré et surtout s’il lui convenait.

Une fois cette acte accompli maître et esclave étaient unis à jamais.

Les non initiés étaient appelés « impuraminus » en un mot impurs

Une fois initié, ils devenaient des « Puranimanus » des Purifiés.

Les coutumes chez les démons étaient très étranges.

Roshan était né esclave…

Pourtant il avait toujours refusé de participer à la cérémonie de purification.

Très jeune, il était tombé sous le charme du maître des ténèbres et s’était voué à lui, corps et âmes.

Au fil des années, il avait par sa force et son intelligence gravit les échelons, afin de devenir un démon supérieur.

Son ascension ne s’était pas arrêtée là.

Il était devenu le précepteur de l’héritier de Lucifer.

Tous ces siècles, il avait tait ses sentiments, tout en se préservant pour celui qu’il considérait comme son prince charmant, son bien aimé maître.

Il espérait ardemment au fin fond de son cœur que ce dernier lui proposerait d’entamer la cérémonie en sa compagnie.

Lucifer le frappait souvent mais ne l’avait pas encore torturé.

La notion d’amour du maître de l’enfer était différente de celles des humains.

Lucifer était un maître dans le vice, le plaisir et la bestialité.

Il était d’ailleurs plus qu’un professeur…

Il était le plaisir, la bestialité et le vice même.

Toutes ces années d’attente étaient désormais récompensées

Aimerais-tu célébrer le cérémonial en ma compagnie ? demanda Lucifer, un sourire sadique étirant ses lèvres.

Avec….avec vous ? demanda le démon androgyne une lueur d’espoir dans le regard. Oui, sans aucune hésitation, s’écria Roshian ravi.

Bien que le démon soit heureux de la proposition de son bien aimé, il était cependant inquiet, mais également excité et ravi à la fois.

Lucifer eut un sourire pervers.

Satisfait, il prit sauvagement la bouche de sa future victime et la mordit violemment.

 

 

Une comète rouquine filait à vive allure.

Cependant, au fur et à mesure que l’objet se rapprochait, la forme se dessinait.

En fait de comète, l’on découvrit un être vivant.

Une créature…

De magnifiques ailes déployées et battant dans son dos en témoignaient. 

Elles étaient majestueuses.

Cette apparence n’était ni celle d’un être humain normal, ni celle d’un démon quelconque.

Il avait quelque chose de princier en lui.

Malgré la distance l’on sentait le charisme et la sensualité qui se dégageait de lui.

Ses longs cheveux roux flamboyaient dans le soleil vers lequel il semblait s’élancer.

Ses oreilles à l’apparence elfique étaient dressées.

Il avait entendu un appel à la vengeance.

 

Le jeune démon n’accomplissait ces missions que pour satisfaire son père.

Il détestait jouer les démons vengeurs.

Il accomplissait néanmoins sa tâche avec beaucoup d’ardeur comme  un professionnel.

Ce genre d’appels à la vengeance le laissait d’habitude froid et c’était d’un air ennuyé  qu’il répondait à ceux-ci le plus souvent.

Pourtant l’appel qu’il avait reçu était différent.

Il était irrémédiablement attiré.

Il l’avait frappé de plein fouet.

Cet individu qui hurlait à la vengeance, souhaitait obtenir autre chose en plus de celle-ci.

La créature accéléra la vitesse de battements de ses ailes.

Un sourire éclaira ses lèvres, en voyant la ville d’où venait l’appel.

Le Japon.

C’était un pays qui l’avait toujours fasciné.

D’énormes bâtiments, magasins, échoppes se dressaient à perte de vues.

Des grattes ciel s’élançaient vers le ciel, comme un défi à la nature.

En compagnie de Roshan, son cher précepteur, il avait longuement étudié ce monde et leurs coutumes.

Ce dernier s’était chargé de son éducation spirituelle entre autre, rien que de la théorie en fait.

La pratique, le démon l’avait découverte  en allant directement au coeur du monde.

Son précepteur était le seul qui ait comprit son mal être.

Il avait  besoin de respirer autre part que dans le monde souterrain.

Il avait le  désir de découvrir son véritable soi.

Qui mieux que Roshan pouvait le comprendre ?

Lui qui aimait Lucifer en silence depuis des siècles qui l’attendait, l’espérait.

Le prince du mal semblait être le seul à avoir les yeux bouchés.

 

La créature avait découvert le secret de son précepteur grâce à son œil intérieur, un jagan.

Il l’avait vu, un jour où le démon androgyne ne se trouvait pas sur ses gardes et qu’il avait relâché sa surveillance mentale. 

Les yeux verts du rouquin s’illuminaient tandis qu’il approchait de l’endroit d’où venait l’appel.

Bien vite, il se retrouva dans un quartier réputé chaud.

Il stagna au-dessus d’une ruelle où son regard de lynx lui permit de repérer sa victime.

Il fit disparaître ses ailes qui furent comme absorbées par son dos, puis entama une vertigineuse descente et atterrit souplement au sol dans la ruelle.

Une forme de taille un peu plus au-dessus que la moyenne, recroquevillée sur elle-même s’y trouvait.

Le démon s’approcha lentement.

Sa vue perçante enregistra immédiatement chaque détail.

La ruelle était déserte, mais des traces de lutte y étaient encore présentes.

Les vêtements de sa future victime n’étaient plus que lambeaux.

Son corps portait des traces de coups, de coupures ainsi que de sang.

Le démon eut une seconde d’hésitation.

Sa future proie semblait déjà avoir été victime d’une agression.

Son cœur hurlait à la vengeance, il l’entendait.

Il aurait été facile pour le démon de connaître la nature de cette agression en utilisant son jagan, mais ce dernier s’y refusait.

Son œil intérieur était un outil de travail et il ne l’utilisait que lors du scellement du pacte.

L’appel du jeune homme le bouleversait, l’attirait et l’intriguait.

Il réalisa qu’il était impatient.

Cela ne lui était plus arrivé depuis de nombreuses années.

Le rouquin se décida enfin.

Il s’accroupit près du jeune homme.

Ce dernier sursauta lorsqu’il lui toucha l’épaule.

Il était blond et d’une taille au-dessus de la moyenne, mais une tête en moins que celle du jeune démon.

Te sens-tu bien ? s’enquit le démon inquiet.

Pourquoi s’inquiétait-il des états d’âmes de ce jeune homme ?

Il n’était à ses yeux qu’une future victime.

Alors pourquoi ce blondinet l’intéressait-il brusquement ?

Le dit blondinet poussa un hurlement, le ramenant à la réalité.

Hey ! Calme-toi, murmura doucement le démon.

 

Sa voix avait des intonations sensuelles et douces.

Tu n’as rien à craindre de moi tu sais, tenta de le rassurer le démon. Enfin du moins pas pour l’instant. Je me prénomme Tetsuyuki, se présenta t-il gentiment. Mais je préfère que l’on m’appelle Tetsu. Et toi ? Quel est le tien ?

Ce ne fut qu’un regard gris empli de colère et de tristesse qui lui répondit.

De plus, mêlé à tous ces sentiments, il y avait la peur.

De nouveau Tetsu ressentit violemment son désir de vengeance.

Il eut mal.

Que se passait-il ?

Pourquoi souffrait-il ?

Pour qu’elle raison ressentait-il si violemment les sentiments de sa futur proie ?

Etait-ce parce qu’il était particulièrement sensible à la douleur, la tristesse, la peur ?

Toutes ces émotions si caractéristiques des humains !

Les sentiments du jeune homme le frappèrent de nouveau et la ramenèrent à la réalité.

Je suis venu à ton appel ! Je suis là pour t’aider, lui expliqua t-il avec douceur.

Le blond eut un rire nerveux.

M’aider ? Ce mot ne semble pas avoir la même signification pour tout le monde, fit-il remarquer amèrement.

 

Sa voix était empreinte de fureur contenue.

Je n’ai besoin de l’aide de quiconque ! Encore moins de la vôtre ! » s’écria-t-il énervé.

Tes paroles sont pour le moins énigmatiques, fit remarquer le jeune démon intrigué. Tu m’as pourtant appelé, il me semble.

Vous, vous trompez ! Je n’ai fait appel à personne. Nul ne peut m’aider et je n’ai besoin de l’aide de personne, répondit le blondinet entêté.

Tetsu sourit.

Cet humain faisait preuve d’un grand sang froid et d’un courage admirable.

Il ressentait la rage qu’il éprouvait.

Je peux te garantir que oui, insista le rouquin gentiment. Tu as fait appel à un Démon Vengeur, je suis celui-ci, l’informa doucement Tetsu.

Cessez de vous moquer de moi ! Si j’avais comme vous le dites fait appel à un Démon Vengeur je le saurai, répondit rageusement le jeune homme.

Ca s’annonce mal, soupira Tetsuyuki. Sache que je ne mens jamais.

Ha ! Encore une preuve de votre mensonge. Si vous étiez réellement celui que vous dites, vous ne me sortiriez jamais une telle phrase. Les démons sont tous des menteurs, des affabulateurs, des vicieux, des…

Ho là ! Que de hargne ! Je tiens à te signaler à toutes fins utiles que je ne suis nullement responsable de ton agression. J’ai uniquement répondu à ton appel.

Comment ? Comment savez-vous que j’ai été agressé ? demanda le blond assez surpris.

Je te l’ai dit : je suis un Démon Vengeur. Je sais tout, je vois tout, j’entends tout.

La belle affaire ! Cela me fait une belle jambe ! Un Démon Vengeur ! se plaignit-il.

 

Le jeune homme tenta tout en pestant de se redresser, ce qui ne fut pas chose aisée.

L’épuisement physique, moral, la peur, la rage eurent raison de ses efforts…

Ses jambes se dérobèrent.

Le rouquin se précipita afin de lui porter secours mais l’inconnu  le repoussa brutalement.

Je vous interdis de me toucher ! l’apostropha t-il énervé, avant de retomber lourdement au sol.

Ca s’annonce mal, vraiment mal, soupira le démon exaspéré.

Le démon observa sa futur proie : il était sensiblement plus petit  que lui.

Ses magnifiques cheveux étaient lumineux.

De toute évidence, il n’était pas Japonais de naissance uniquement.

On devinait un mélange assez subtil.

Sa chevelure était aussi lumineuse que les blés et parsemés de mèches argentées.

Une fois de plus les sentiments du jeune homme frappèrent le démon et son aura,  s’entrechoqua avec la sienne

Ses yeux gris étaient francs.

Ils ne reflétaient aucune malice.

Ils étaient purs.

Tetsu détestait ce genre de cas, il les refusait le plus souvent.

Mais celui-ci était tout à fait différent.

Après tout il n’était qu’un démon vengeur.

Il devait obtenir le maximum de rendement, collecter le maximum de corps pour son père.

Pourquoi cherchait-il à se préoccuper du bien être du blond ?

 

Le démon fixa longuement sa future proie.

Puis doucement il posa sa main sur la joue de ce dernier.

Le blond sursauta mais ne repoussa pas la créature pour autant.

Une douce chaleur l’envahie…

Les plaies se refermèrent.

Les ecchymoses ainsi que la douleur disparurent.

De longs frissons le parcoururent …

De surprise…

De contentement…

Mais également de peur.

Surpris, il leva des yeux étonnés vers lui.

Qu’est-ce qui vous a pris ? s’écria t-il passablement énervé.

Je n’en sais rien, répondit-il lui-même intrigué. Je crois que j’en avais envie.

J’ai horreur que l’on décide pour moi, je ne vous ai rien demandé ! hurla le jeune homme furieux.

Humf ! Nous ne sommes décidément pas sortie de l’auberge, soupira une fois de plus le démon. Voilà donc la preuve de ce que j’avance ! dit tout à coup Tetsu. Maintenant que nous sommes parvenus à authentifier mon essence démoniaque, pourrions nous discuter de travail dont tu as l’intention de me charger ?

Me prenez-vous pour un idiot ou un écervelé ! s’écria le blond rageusement.

En fait pour les deux je crois, soupira intérieurement le démon.

Pensez-vous réellement que je vais vous faire confiance ? » demanda-t-il énervé.

Décidément ! soupira encore le démon exaspéré. Parfait ! Je vais devoir employer les grands moyens, sourit Tetsu.

Le blondinet jeta un regard surpris au démon.

Qu’avait-il voulu dire par employer les grands moyens ?

A la grande surprise du blond, le démon déploya ses magnifiques ailes sombres.

Profitant de la stupeur qu’engendrait l’apparition de ses appendices supplémentaires, la créature souleva son vis-à-vis comme s’il n’était qu’un poids plume et s’envola avec lui.

Le jeune homme était comme changé en statue.

Il en oublia même de respirer.

Le cadet avait les yeux et la bouche ouverts, agrandit de stupeur.

Que se passe t-il ? Aurais-tu perdu l’usage de ta langue ? se moqua Tetsu. Je pense avoir faire mes preuves, continua à dire le démon. Voudrais-tu me dire ton nom maintenant ?

Le blond referma la bouche, cligna des yeux, comme pour se prouver que tout ceci n’était pas un rêve et également, afin de retrouver une contenance.

Il ouvrit de nouveau la bouche, la referme, cligna une fois de plus des yeux, puis se présenta enfin.

Ha…chi….suka, bégaya t-il. Hachisuka Aki, se reprit-il.

Aki ? Tu as un prénom adorable. » complimenta le démon en souriant. Alors Hachisuka Aki ? Pouvons-nous, nous poser quelque part de manière à discuter ?

 

Hachisuka acquiesça silencieusement.

Il était néanmoins surpris par l’attitude gentille du démon.

Ce dernier entama une lente et vertigineuse descente en direction d’une forêt qu’il avait repéré lors de son premier passage.

Le blond ne disait toujours rien.

Il ne paraissait pourtant pas effrayé par ce qu’il venait de voir.

Sans doute était-il habitué à d’impressionnants spectacles et peut-être aussi à l’étrange.

De toute évidence, il était trop abasourdi, non seulement parce ce qu’il venait de voir, mais également par tout ce qu’il venait d’endurer !

L’attitude de Hachisuka démontrait un désir impérieux d’oublier cette journée. 

Il était évident qu’Aki avait été victime d’une agression.

Il ne restait plus au démon qu’à découvrir de quelle manière et surtout par qui ?

Tetsu se posa délicatement et fit disparaître ses ailes.

Tenant toujours le jeune homme dans ses bras, il se dirigea vers un arbre, le mit sur son séant et l’y appuya.

Le jeune homme toujours abasourdit, n’avait encore eut aucune réaction.

Il était tétanisé.

Et même son corps refusait de lui obéir.

Il ne songeait même pas à s’écrouler au sol.

Nous serons bien mieux ici, lui dit Tetsu d’un ton neutre. Que penses-tu de débuter la cérémonie du scellement du pacte ?

Le blond continuait à dévisager le démon sans pouvoir parvenir à prononcer un seul mot.

Hum ! Nous ne sommes pas sortis de l’auberge, soupira une fois de plus le démon. Avant toute chose, je dois faire les présentations comme il se doit.

Aki continuait à dévisager son interlocuteur.

Apparemment ce que je te dis ne semble pas t’intéresser ou t’impressionner, soupira la créature. Mais cela fait partit du rituel, donc il me faut donc continuer. Je disais donc que je suis un démon vengeur comme je te l’ai dit et j’en ai fait mon métier.

 

Le blond continuait à la fixer le roux bouche bée.

Eh bien ! Si ta conversation se limite qu’au silence, je ne vois pas de quelle manière nous allons pouvoir nous entendre sur les modalités. Enfin ! Je te disais donc que mon métier est celui d’un démon vengeur. Ainsi, si un être quel qu’il soit émet un appel à la vengeance, je puis te garantir qu’à tout les coups je vais l’entendre. Donc j’y réponds. Nous discutons tout d’abord des raisons de cette demande. Je dois ensuite exiger une confirmation. Nous scellons le pacte après acceptation des modalités. Je peux ensuite appliquer la vengeance sur  la dite victime, termina le démon.

Aki n’avait toujours pas bougé, ni réagi aux explications du démon.

Cependant le regard qu’il jeta à ce dernier en disait long sur son état d’esprit.

Il venait brusquement de réaliser à qui il venait de faire appel.

Devant le silence de sa future victime, le démon soupira et continua.

Il sentait que cette mission qui se présentait risquait d’être réellement difficile, pas à exécuter.

Cependant le scellement du pacte risquait de traîner.

Pourquoi est-ce sur moi qu’est tombé cet appel ? soupira pour la énième fois Tetsu. Es-tu prêt à achever le protocole ? demanda t-il impatient.

Euh… balbutia le jeune homme encore sous le choc.

Voilà qui est un peu mieux que ton silence, se moqua la créature. Avant que nous ne scellions définitivement ce pacte. Il faut que je te rappelle qu’il  consiste pour ma part à accepter d’exécuter cette vengeance pour ton compte et toi en contrepartie, tu devras  payer le prix exigé, je dois te poser quelques questions. C’est la procédure habituelle, expliqua sérieusement Tetsu.

Pardon ! s’écria le blond reprenant soudainement conscience. Ai-je fait appel à vous pour me faire la conversation ? s’écria t-il énervé.

Mais c’est un miracle ! Tu parles ! Je te croyais muet, se moqua le roux.

Vous allez arrêtez de vous foutre de ma gueule ! s’énerva Aki.

Mais qu’est-ce qui m’a prit ? Qu’est-ce qui m’a prit d’écouter cet appel !?

Le roux pour la énième fois poussa un soupire exaspéré.

Comme je te le disais il y a deux minutes : c’est la procédure.

Je suppose qu’il m’est impossible d’échapper à celle-ci. Puis que je n’ai d’autres choix, je vous écoute, se résigna t-il.

Ha ! Tout de même ! Il faut que je sache si ton désir de vengeance est aussi fort qu’il n’y parait. Fit sereinement le démon.

Quelles sont ces questions stupides !? En avez-vous d’autres du même type ? se fâcha Aki. Pourquoi croyez-vous que j’ai fait appel à vous? s’énerva le blond.

Nous ne risquons pas d’aller bien loin avec ces réponses si « intelligentes » !

Inutile de devenir insultant, lui reprocha le blond. Ma réponse est oui.

A quel prix estime-tu ta Vengeance ?

Mais vous le faites exprès ?! s’écria le plus jeune furieux.

Alors là, je commence réellement à en avoir marre de ton attitude. Je tiens à te signaler que c’est toi qui as fait appel à moi et pas le contraire.

Ce que vous pouvez être susceptible pour un démon ! » déclara Aki en détournant le regard

Rhaaaaaa ! Je sens que je vais l’achever cet humain. Il va l’avoir ce qu’il désire et plus vite qu’il ne croit, s’il continue.

Je vais répondre à votre question. Je suis disposé à payer le prix que vous exigerez de moi. J’irai même jusqu’à payer de ma personne si cela s’avère nécessaire, murmura tout bas le blond en rougissant.

Tu ne crois pas si bien dire, mon mignon, se dit Tetsu.

 

Le démon eut un sourire pervers qui fit rougir le jeune homme.

Mes services sont estimés à un prix très élevé. Ceux-ci sont de très haute qualité, répondit calmement le démon.

Je viens de vous le dire. Je suis disposé à payer le prix que vous exigerez.

Mais seras tu en mesure de le payer ce prix ? En auras-tu le désire, lorsque je t’aurai présenté la facture ? » demanda Tetsu curieux.

Etes-vous sourd ou le faites-vous exprès ? s’écria Aki agacé. Je viens de vous dire que j’acceptais.

Le blond commençait lui aussi à être agacé par l’attitude ainsi que le petit manège du démon roux.

Il est inutile de devenir agressif, fit remarquer calmement le démon. Parfait ! Je n’exige que ton corps, laissa t-il tomber.

Hachisuka plongea son regard dans celui du démon.

La lueur qui s’y reflétait, ainsi que la mimique que faisait le jeune homme était réellement comique à voir.

Aki avait proposé de payer de sa personne…

Mais il était loin d’imaginer que la créature le prendrait au sérieux.

Pourquoi était-il étonné ?

Après tout, il n’était qu’un démon.

Pardon ?! s’insurgea le blond. Que… Que voulez-vous dire par mon corps ? demanda t-il un peu inquiet. N’est-ce pas mon âme qui vous intéresse ?

N’est-ce pas toi qui te proposais de payer de ta personne ? Je ne fais qu’accepter cette intéressante proposition, se moqua le démon. Et puis que ferais-je d’une chose dont tu n’es même pas le propriétaire exclusif ? répondit assez brutalement Tetsu.

Qu’est-ce qui vous fait penser quelle ne m’appartient pas ? N’est-ce pas mon âme que je sache ? » interrogea-t-il en haussant un sourcil.

Sans aucun doute, mais elle n’est pas ta propriété exclusive.

Ce que vous pouvez m’agacer avec vos sermons, vos remontrances ! J’ai l’impression d’entendre mon père.

Oh ! Rassure-toi ! A côté de moi, ton père passe pour un ange, sourit de manière machiavélique Tetsu. Mais dis-moi ! Quelle est donc ta religion ? Faisais-tu l’école buissonnière au lieu d’aller au catéchisme ? Peut-être ont-ils omis de t’enseigner les vertus de l’âme ? se moqua le démon.

J’en ai assez. Vous allez immédiatement cesser de me prendre pour un idiot et continuer votre cérémonial, hurla Aki. Commençant sérieusement à s’impatienter.

S’énerver ne servira à rien. Cela risque de retarder le cérémonial et entraîner des problèmes dans l’exécution de ta vengeance. » déclara le démon avec sérieux.

Le blond bougonna et renifla.

Aurais-je à faire à un athée ? se moqua le démon.

Je suis issu d’une famille tout ce qu’il y a de plus catholique : Pieuse. Et pétrie de principes, croyant en le tout puissant, mais moi je….

N’aggrave surtout pas ton cas, lui dit-il tout à coup. Contrairement à ce que certains pourraient penser, il existe réellement. Et je suis bien placé pour le savoir.

Ben voyons !

Ce n’est pas parce que je suis un démon que j’accepte d’entendre des propos blasphématoires. » fit-il durement.

Qu’essayez-vous de me dire ? » demanda Aki intrigué.

Rien de bien particulier. Cependant je te conseillerai de longuement réfléchir à cette idée de vengeance, lui conseilla doucement le démon.

Etes-vous en train de tenter de me dissuader ? » interrogea le jeune homme quelque peu surpris.

Je l’ignore ! Peut-être… » répondit mystérieusement Tetsu.

 

Le démon sourit de manière ironique ce qui déplut fortement au jeune homme.

Pour l’instant nous ne sommes qu’au premier stade de notre affaire. Le pacte n’est pas encore conclu. Néanmoins, une fois que nous nous serons entendu sur les termes de celui-ci et que tu auras accepté définitivement le paiement, il ne te sera plus possible de revenir en arrière. » l’avertit Tetsu d’un ton neutre.

Mon intention n’est certainement pas de me dérober, s’insurgea le blond vexé. Cependant je souhaiterais avoir de plus amples renseignements sur le prix à payer. Qu’entendez-vous par mon corps ?

Le ton du jeune homme était soupçonneux.

C’est pourtant on ne peu plus clair. Je pourrais disposer comme je l’entends. En faire ce que bon me semble, lui expliqua calmement le démon.

Afin qu’il ne plane aucune équivoque sur le sens de ses paroles, le démon roux glissa deux doigts sous le menton de l’humain.

Il lui releva la tête et posa ses lèvres sur les siennes.

Aki ouvrit de grands yeux surpris, puis posa ses mains sur le torse du roux et le repoussa.

Je vous interdis de me toucher ! hurla t-il furieux. Vous n’êtes qu’un pervers !

Dans son regard se reflétait de la colère mêlée à de la crainte.

Qui traites-tu de pervers ? Souhaites-tu te venger oui ou non ? » demanda durement Tetsu à bout de patience.

Euh… bien entendu ! » répondit froidement Aki.

Dans ce cas se seront mes honoraires pour l’exécution du contrat. Sache que la maison ne fait pas de crédit, se moqua t-il.

Contrat ? Prix à payer ? Honoraires ! Vous en parlez comme s’il s’agissait d’un simple métier. » déclara le jeune homme choqué.

Allo !!! Il semblerait que tu n’ais pas écouté ce que je t’ai dit il y a quelques minutes. La vengeance est mon métier, répondit le démon, en souriant. Je tiens à te signaler que jusqu’à aujourd’hui aucun de mes clients ne s’est encore plaint de mes services. Ils ont toujours honorés le contrat, se vanta le démon, un sourire narquois étirant ses lèvres.

Clients ! se récria Hachisuka presque scandalisé.

Mais à quoi t’attendais-tu ? » demanda Tetsu tout sourire. Je suis un démon vengeur, une créature de l’enfer. Je tiens à te signaler à toutes fins utiles que je ne fais pas dans la charité. Dans le cas contraire, je te conseille de t’adresser à Michel ou les autres anges. Sérieusement, qu’espérais-tu ?

A vrai dire rien du tout ! Je n’attends ni n’espère plus rien de la vie, soupira Aki résigné.

Oh ! Non ! Ce n’est pas vrai ! Encore un suicidaire ! Pourquoi ai-je toujours droit à ce genre de clients ? Mais pourquoi moi ? soupira le démon exaspéré.

 

Entendu ! Je suis d’accord pour le règlement de vos honoraires. Est-ce tout ? demanda Aki en soupirant.

Le blondinet était un peu inquiet. Le démon avait déjà fait montre de sa fantaisie, de sa désinvolture et de sa tendance à profiter de la situation, du moins selon l’opinion du jeune homme. 

A peu près, fut la réponse de son vis-à-vis.

Le concluons-nous ce pacte ? s’impatienta le blond.

Es-tu si empressé de te débarrasser de ton précieux corps ? Connais-tu réellement l’identité de Lucifer ? interrogea le rouquin en haussant un sourcil.

Me prenez-vous pour un idiot complètement ignorant des forces maléfiques ? s’énerva t-il. Je connais parfaitement son visage. L’abomination dans sa représentation suprême, la cruauté incarnée, le vice personnifié, la méchanceté symbolisée, souhaitez-vous que je continue ? répliqua le blondinet.

Quel prétentieux cet humain ! Cet idiot plaisante, mais il vient de décrire de manière très fidèle mon cher père. Quel con ! Il ignore dans quoi il met les pieds.

Je sais ce que vous vous dites. Vous pensez que je ne suis qu’un innocent qui ignore où il est en train de mettre les pieds, constata calmement Aki. Vous, vous trompez. Je ne suis pas un écervelé, agissant à la légère. De toutes les manières, je m’en fiche, laissa tomber le jeune homme. Pourriez accélérer le processus, demanda-t-il tout à coup. Je suis pressé d’en finir avec tout ça.

Impatient n’est-ce pas ? Si réellement tu n’avais qu’une petite idée de qui il est réellement, tu prendrais tes jambes à ton cou et tu t’enfuirais, lui dit le rouquin, en laissant apparaître des crocs scintillants.

Pensez-vous m’effrayer ? se moqua le blond.

Je ne pense pas en avoir besoin. Pour en terminer avec tout ce protocole, tu dois m’autoriser à faire une dernière chose.

Encore ? Que dois-je encore subir pour que vous acceptiez enfin cette mission ? » demanda le blond à bout de patience.

Rien de bien méchant. Juste me laisser lire en toi. » répondit sereinement Tetsu

C’est une blague ou quoi ? » interrogea-t-il durement.

Pas du tout ! C’est le protocole. Je te l’ai dit. » fit le démon le plus calmement du monde.

Qu’est-ce encore que cette arnaque ? » questionna Aki en fronçant les sourcils

Il n’y a aucune arnaque, c’est la procédure, lui annonça le démon en souriant.

Procédure mon cul.

Pourrais-tu rester poli je te prie !? » demanda gentiment l’aîné.

 

Le jeune homme le fixa au fond des yeux surpris, mais se reprit bien vite.

En plus vous êtes capable de lire dans mon esprit ? Ca promet ! Etes-vous certain d’être un démon ? » demanda-t-il d’un ton glacial.

Veux-tu une preuve tangible de mon essence démoniaque ? demanda Tetsu en faisant un sourire vicieux.

Euh… non merci, se troubla Aki. Je suis disposé à vous laisser lire en moi, mais je ne vois pas ce vous souhaitez trouver ! s’écria t-il.

Le blond était passablement énervé.

Il était évident qu’il était pressé de conclure cette affaire de vengeance et d’en terminer au plus vite.

Pour tout te dire, je n’accepte un contrat que si la demande est justifiée. Je dois donc vérifier la légitimité de ta requête, en lisant en toi.

La légitimité de… Mais vous le…. commença à s’échauffer Aki. Finissons-en ! Allez-y ! Vous pouvez lire en moi, autorisa le blond, en écartant les bras.

 

Tetsuyuki fit face au jeune homme.

Il avait fermé les yeux alors que lentement au milieu de son front s’ouvrait un troisième dont l’iris était rouge.

Mais ???? Oh ! Merde ! s’écria le blondinet. Mais que….

 

 

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